LE must

Le champagne :
bien dans mes bulles

Dans le monde entier, la période des fêtes de fin d’année voit l’augmentation de la consommation des vins effervescents qu’ils soient de Champagne ou d’une appellation particulière. | Par Guénaël Revel, auteur des Guides Revel 

La catégorie des bulles est aujourd’hui dans le monde viticole la seule qui est en croissance constante, tant au niveau de sa production qu’au niveau de sa consommation, tandis que certaines régions qui élaborent des vins blancs et rouges tranquilles sont en crise de surproduction, de stockage ou d’identité! Même s’il est difficile de le vérifier, on dit qu’il y a une bouteille de Brut Impérial de Moët & Chandon qui s’ouvre chaque minute dans le monde! Si les bulles semblent donc monter à la tête de la planète, arrêtons-nous sur leur naissance dans le verre qui lui aussi, a vu sa forme évoluer selon les époques.

Phénomène singulier, les périodes de crise économique ont toujours vu la croissance du commerce du luxe. De ce fait, malgré les tarifs élevés du champagne, il ne s’en est jamais vendu autant depuis 3 ans; l’empereur des vins affichant des ventes de 320 millions de bouteilles, en moyenne, annuellement.

Ce chiffre vous impressionne? Il a galvanisé les deux appellations concurrentes italienne et espagnole : le Prosecco et le Cava.

En effet, ces deux appellations de bulles – la première étant élaborée selon la méthode Charmat (c’est-à-dire en cuve close), la seconde selon la méthode traditionnelle (comme en Champagne) – ont rapidement employé les mêmes stratégies de commercialisation que la grande sœur française pour mieux se partager le marché avec un atout non négligeable : un prix de vente trois fois moins élevé! Les résultats ne se sont pas fait attendre, les Italiens ont vendu près de 500 millions de bouteilles de vin mousseux (toute appellation d’Italie confondue) en 2010, pendant que les Espagnols atteignaient la barre de 380 millions de bouteilles commercialisées. Du jamais vu, vive la crise!

De bien belles bulles…

La perfection de l’effervescence a toujours été difficile à analyser et je dois préciser que la taille d’une bulle ne signe pas la qualité du produit. Même si le verre est parfaitement propre, ce sont des particules invisibles à l’œil nu sur la paroi interne qui sont les facteurs de la présence et du comportement, bon ou mauvais, des bulles. Une bulle naît et s’active grâce au relief qu’elle touche. On appelle ce relief un site de nucléation. C’est de ce site que dépendront le nombre, la taille et la persistance des bulles ainsi que la régularité de leur train. Versez, chez vous, le même vin effervescent (issu de la même bouteille) dans deux, voire trois ou quatre verres différents et vous constaterez que la nature et le comportement des bulles sont, dans chaque verre, différents.

La flûte ou la coupe?

Influencées par les tendances de certaines époques et les progrès de moulage du verre, les sociétés ont employé toutes les sortes de verres à pied, depuis la coupe évasée jusqu’à la flûte étroite en passant par le simple ballon. La fameuse « coupe de nos grands-mères » permettait grâce à sa forme d’aérer le vin effervescent, de le rendre moins pétillant. On ne pouvait y apprécier le train de bulles et, très souvent, le vin débordait au moment du service ou dans la jubilation de l’événement. La coupe a été populaire du fait que son moulage était facile pour les premières entreprises de cristallerie. Elle est de plus en plus rare dans les boutiques spécialisées. La flûte est encore très appréciée et reste la plus populaire parce qu’elle offre au dégustateur le spectacle du train de bulles qui monte à la surface. Sa forme allongée et étroite se distinguant forcément des autres verres, tout le monde sait qu’on servira un champagne ou un mousseux dès qu’on l’aperçoit. Toutefois, elle n’est pas la plus efficace pour apprécier le vin, car son gobelet étroit emprisonne les arômes et accentue l’effet gazeux.

Partant du principe que champagnes et mousseux sont avant tout des vins blancs (ou rosés) transformés en vins effervescents, je considère qu’un verre à vin blanc classique est la forme la plus adéquate pour les apprécier au mieux. Depuis plusieurs années, les flûtes sont d’ailleurs de plus en plus bombées et leur silhouette ressemble à celle de verres traditionnels plus allongés. Le marché étant riche de marques offrant jusqu’à dix formes pour une seule catégorie de vin, c’est au final une question d’esthétique une fois le choix de l’efficacité établi.

Le Québec en pleine effervescence!

Puisque la période est plus aux bulles que d’habitude, pourquoi ne pas tester celles de chez nous, au Québec, vendues uniquement chez le vigneron qui les élabore et non en succursale?

Le mousseux le plus classique et le plus fiable : le mousseux de l’Orpailleur, Dunham;

Le plus savoureux et le plus rare : le Courville du Domaine Les Brome, Bromont;

Le plus original et sans doute le meilleur actuellement : le Lolou Brut du Vignoble Côte de Vaudreuil, Vaudreuil-Dorion.

Champagnes à découvrir

Je dois finir par une sélection de champagnes. Je vous en propose trois par orientation de prix :

  • L’abordable et fiable Brut Nature Zéro Dosage de Drappier à 49,75 $;
  • L’exquis Brut Classic de Deutz à 58,75 $;
  • La cuvée de prestige Comtes de Champagnes 2000 de Taittinger à 174,50 $.

Monsieur Bulles vous souhaite de Joyeuses Fêtes de fin d’année!

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