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Mexico : un périple gustatif de haute voltige

Mexico est une destination hors norme et c’est tout à son avantage. Outre les légendaires monuments historiques qui ponctuent son relief, sa centaine de musées et son importante mosaïque multiculturelle, Mexico est exaltante, mais surtout, résolument moderne. Mais voici que, depuis quelque temps, Mexico défraie les manchettes et est dorénavant l’une des plus importantes capitales culinaires mondiales. Tour de piste de Mexico 2.0. | Par Christine Elizabeth Laprade

La mégalopole de près de 22 millions d’habitants (dont environ 8.5 M habitent son centre urbain) réserve toute une surprise aux voyageurs. Après avoir foulé ses artères colorées, on ne peut qu’être foudroyé par sa modernité, sa richesse, son dynamisme. Réputée pour son patrimoine culturel et historique (qui lui a d’ailleurs valu le sobriquet de Ville des Palais), c’est maintenant pour sa scène gastronomique que les voyageurs y déferlent en grand nombre. Il n’y a pas à dire : Mexico est en pleine ébullition.

Mixologie : Le saviez-vous? Le Districto Federal a de quoi faire pâlir d’envie Berlin et son lot de mixologistes de renommée internationale. Ici, les speakeasys sont légion, et la confection des cocktails, c’est du sérieux. Tellement qu’on ne compte plus le nombre de mixologues internationaux qui s’y sont établis. Une tendance qui marquera tout votre périple culinaire : l’authenticité et l’utilisation des ingrédients ancestraux. Le sel de ver d’agave (Sal de Gusano), accompagne impérativement chaque margarita ou verre de mezcal. Celui-ci est doté un goût légèrement fumé, car il est mélangé à des poivrons. On le sert aussi sur les concombres tranchés ou des tortillas encore chaud. C’est si délicieux que vous en ramenez quelques bouteilles à vos proches à votre retour!

Parmi les meilleurs plans :

Xaman : mixologues de renommée mondiale. Décor composé de bois et de plantes succulentes. Ingrédients préhispaniques. Inoubliable.

Jules Basement : accessible via l’escalier d’une taqueria, mot de passe requis (on effectue donc une réservation en ligne), musique lounge, cocktails du tonnerre, sombre. Idéal en fin de soirée.

Jules Basement. Photo: Jules Basement/Facebook

Hanky Panky : hispster, sélect, et magnifique. Il faut impérativement réserver.

La Taberna de Luciferina pour son ambiance décontractée. A investi un immense immeuble centenaire. Excellents mixologues. Bondé.

Gastronomie : Jardin luxuriant, lieux somptueux, un chef illustre selon Chef’s Table: Pujol. L’un des 50 meilleurs restaurants au monde – et le meilleur au pays selon plusieurs critiques. Enrique Olvera met à l’avant-plan les meilleurs ingrédients locaux qui soient, en utilisant des aliments préhispaniques tels que le huitlacoche (charbon du maïs, fin goût fumé) et le Hoja Santa  (feuille sacrée) afin de réaliser des plats traditionnels de facture moderne. On lève son verre avec un splendide margarita à la figue de barbarie, avant de s’évanouir de bonheur devant l’incroyablement délicat mole madre, un mole vieillit durant 1437 jours. Une expérience tout simplement incomparable.

Le fameux maïs fumé servi dans une courge, chez  Pujol. Photo: Pujol/Facebook

Maximo Bistrot jolie terrasse, mets exquis, décontracté. Chef Eduardo Garcia a acquis son expérience en s’agitant derrière les fourneaux de Pujol et de Le Bernardin. Figure emblématique de la nouvelle identité culinaire mondiale de CDMX,  il figure lui aussi sur la liste des 50 meilleurs établissements. Eduardo préconise les poissons non issus de la pêche commerciale et utilise des techniques classiques de la cuisine française, mais aussi italienne. On se rue sur les ravioles au foie gras et  épis de maïs glacé, couronné de caviar. Présentation soignée. Divin.

Les locaux vouent un culte à Fonda Margarita et ses petits déjeuners traditionnels. Anthony Bourdin en est dingue.

Sinon, El Cardenal a investi le plancher de l’Hôtel Hilton et offre un déjeuner tout ce qu’il y a de plus traditionnel, mais dans un décor plus huppé. Plébiscités par les locaux (ce qui est toujours de bon augure!), les ingrédients sont issus de méthodes artisanales. Un seul but : préserver et faire la promotion de l’identité culinaire de la citée. Au menu : chocolat chaud, natas épaisses et crémeuses à souhait, mole verde, tortilla de huevo con escamoles (omelette ponctuée d’œufs de fourmis, dont le goût est imperceptible, considéré comme le caviar mexicain), des sensationnels pains sucrés et autres spécialisés locales. Un coup de cœur.

L’endroit #1 où déguster des churros, une pâte frite, sucrée puis trempée dans le chocolat : El Moro.

Amaya est un élégant bar à vins de Colonia Juarez. Murs de brique agrémentés de fresques colorées, ingrédients choisis minutieusement, un service rigoureux et des plats soignés. Saveurs d’inspiration Baja, carte mettant l’accent sur des vins organiques et biodynamiques provenant de producteurs sud-américains et mexicains.

Lardo est un coquet repère gourmand qui préconise d’abord et avant tout des ingrédients de la plus haute qualité. Ses plats en sont la preuve même. Idéal pour le brunch. Cuisine à aire ouverte, un bar qui donne envie de s’y poser après un après-midi à explorer Condesa. On commande un jus fraîchement pressé de carotte, gingembre et jicama (un légume racine mexicain),  puis on jette son dévolu sur la focaccia au citron, ricotta et miel. Simple et bien fait.

Quoi visiter : Le quartier Centro Historico est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, ce qui le rend incontournable. La ville compte une douzaine de quartiers, qui ont tout un chacun leur propre identité.

Le Mercado Roma comprend une soixantaine de marchands. Photo: Christine Elizabeth Laprade

Les foodies veilleront à mettre le pied au  marché public Mercado Roma, une destination à part entière. Non touristique, c’est ici qu’on trouve les meilleurs ingrédients en ville et quelques restaurants où se régaler. Absolument hallucinant, avec ses étals de fruits exotiques qui nous sont pour la plupart inconnus et ses minuscules comptoirs de ceviche fait minute (un délice!), pozole, tacos barbacoa, etc. Il n’est pas rare de voir les bouchers suspendre un chevreuil ou de trouver du requin frais, de la viande de lion et crocodile, mais aussi des insectes frits.

Avant de sourciller, n’oubliez pas que les sauterelles et œufs de fourmi font partie intrinsèque de l’ADN culinaire du pays. Verdict : on omet la tarentule (qui nécessite 15 minutes de préparation) au profit des grillons frits assaisonnés à la lime et à l’ail. Croustillants et s’apparentent aux pommes de terres frites. Et si jamais certains visiteurs nécessitent un peu de courage liquide, aucune excuse n’est valable car la vaste aire de restauration regorge de comptoirs à mezcal et tequila!

Pour admirer les fresques de Diego Rivera : direction Palacio de Bellas Artes.

Un site historique qui en jette : la place Zocalo et le Museo del Templo Mayor, pour admirer les vestiges aztèques de la grande pyramide de Tenochtitlan.

Prendre ses quartiers : Nous avons préféré l’aspect moderne, la tranquillité et l’opulence du quartier Polanco aux branchés Roma et Condesa, qu’on compare souvent à Nolita et Soho. À quelques minutes du InterContinental Presidente Mexico City (bien coté sur les sites de voyage en ligne, luxueux et difficile de trouver mieux à 145$ la nuit) se trouvent les plus prestigieux restaurants en ville dont Pujol, des boutiques de luxe, plusieurs pharmacies, épiceries, etc. Il est donc agréable d’y déambuler jour et nuit, sans souci, caméra à la main de surcroit!

Avis aux intéressés : il y a une station de métro juste à côté. Cela dit, le prix d’une course en taxis étant dérisoire, nous en avons fait notre moyen de transport principal.

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