LE must

La cuisine de demain

Tendances 2019

Avec la nouvelle année qui arrive à grands pas, le temps est venu de se pencher sur ce qui fera la cuisine de demain. Pour être à l’affut des tendances alimentaires à venir, poursuivez la lecture jusqu’au bout! | Par Mathilde Condrain-Morel et Caroline Chevrier

Des aliments réinventés
En 2019, les aliments seront plus que jamais réinventés! Ainsi, le chou-fleur se retrouve dans la crème glacée et le millet dans les biscuits et les pâtes. Étonnant, n’est-ce pas ? Cette nouvelle utilisation des aliments vise également à offrir des substitutions à certains aliments que l’on souhaite moins consommer. Par exemple, on remplacera le beurre par du beurre de faba (beurre de pois chiche) ou de noix, et ce, partout où l’on utiliserait normalement le beurre régulier.

Le dilemme de la transformation
On vous a beaucoup parlé des aliments transformés et on en parle encore dans ce numéro parce que, à nos yeux, c’est important de vous aider à comprendre ce que vous pouvez en retirer et ce que vous devriez laisser de côté. C’est un sujet qui continuera de faire couler beaucoup d’encre l’an prochain. Le chou-fleur qu’on intègre dans la crème glacée devient un aliment transformé, mais l’objectif de ce genre de produit est de fournir aux consommateurs des bénéfices sur leur santé, sans avoir à cuisiner longtemps. De l’autre côté du spectre, on cherche encore à consommer des aliments qui soient le moins transformés possible, ce qui fait que l’on se tourne vers les aliments crus, germés, cuits à froids et distillés à la vapeur. Ces derniers vont gagner énormément de terrain l’an prochain.

Objectif : guérison
Ayurveda, ça vous dit quelques chose ? Cette pratique, vieille de 5 000 ans, est une forme de médecine traditionnelle dont l’approche est holistique, c’est-à-dire qui considère le corps ainsi que l’esprit. C’est une manière différente d’aborder la santé globale en réunissant notre physique, nos émotions, notre vie spirituelle et notre mental. Dans cette pratique, on croit que chaque individu est composé de trois énergies (doshas) et que les problèmes de santé proviennent d’un débalancement de ces énergies. Un aliment ayurvédique aurait donc la capacité d’équilibrer les énergies pour offrir des bénéfices au niveau immunitaire, digestif et de l’humeur, entre autres. Comme précisé plus haut, rien de nouveau sous le soleil ici, à la différence que les entreprises commencent maintenant à étiqueter certains de leurs produits comme étant ayurvédiques afin de faire la promotion de leurs bienfaits. Évidemment, qu’on y croit ou non, ces produits ont surtout l’avantage d’être naturels.

Algues

 

On cherche maintenant à s’alimenter de façon responsable, en considérant l’aliment sous toutes ses facettes afin d’en récolter des bénéfices pour soi, mais également pour la société.

L’environnement sur tous les fronts
On le sent bien, le sujet de la protection de l’environnement sera inévitable l’an prochain. Du point de vue de l’alimentation, les préoccupations liées à l’environnement vont dans tous les sens.

  • Limiter l’emballage au maximum
    Non seulement faut-il repenser les emballages, mais l’idée même de recourir à des emballages est questionnée. En effet, les consommateurs n’acceptent plus les emballages inutiles et les compagnies devront se plier à cette vision des choses. Les emballages permettant de diminuer les déchets ou faits de matières durables seront donc tendance.
  • Fini les flaflas inutiles !
    Cette année, de nombreuses chaînes de restauration ont pris la décision d’abolir les pailles de plastique dans leurs restaurants. La pression a été forte pour se débarrasser de ce petit bout de plastique qui, soyons honnêtes, est loin d’être indispensable et les grands noms de la restauration n’ont pas eu d’autres choix que de réagir pour satisfaire les consommateurs. La tendance prend de l’ampleur, ce qui fera apparaître des pailles et des couvercles faits de matières recyclables ou durables, telles que le papier, le bambou et le métal.
  • Locavore et rien d’autre
    Encore une fois ici, on parle d’une vague qui n’est pas prête de s’arrêter. Manger local comporte plusieurs avantages liés à la protection de l’environnement. En effet, en réduisant les distances parcourues par les aliments, on réduit également les émissions de gaz à effet de serre liées au transport. C’est aussi une façon de réduire l’emballage, puisque les aliments qui voyagent plus longtemps ont souvent besoin de plus de protection. Finalement, s’alimenter localement signifie plus souvent qu’autrement un respect des saisons et la production de fruits et de légumes dans ces circonstances est moins énergivore que celle hors saison.
  • Consommer consciemment
    L’état de surconsommation dans lequel notre société évolue n’est pas étranger à certains problèmes environnementaux rencontrés ces dernières années. Face à ce constat, on encourage de plus en plus le consommateur à réfléchir avant d’acheter afin de ne pas consommer inutilement. Les mots décroissance et déconsommation ont fait leur apparition pour identifier le phénomène et l’ancrer dans notre quotidien. Au niveau de l’alimentation, ça veut aussi dire de se questionner sur les ingrédients de certains produits, sur leur pertinence et leur provenance afin de limiter le plus possible l’impact de nos achats.

Siroter sa ganja
Sans grande surprise, le cannabis sera inévitablement tendance en 2019. Sa récente légalisation au pays ouvre de nombreuses possibilités aux producteurs et entrepreneurs. Dans le secteur de l’alimentation, comment le cannabis peut-il donc nous surprendre ? Il se trouve que pour la nouvelle année, on ne fera plus que manger des produits contenant du cannabis, on en boira ! En considérant que Coca-cola a déjà annoncé être en discussion avec Aurora Cannabis pour potentiellement développer un breuvage infusé à la marijuana, on ne peut que constater que la vague s’annonce forte. Plus près de nous, l’agence LG2 s’est associée à l’entreprise de produits naturels Biolux pour commercialiser Ubu, une boisson à base de cannabidiol, une molécule présente dans le chanvre.

MilléniauxL’impact des milléniaux
Les milléniaux ont pris d’assaut les marchés et leur pouvoir d’achat dépassera sous peu celui des babyboomers. Il va sans dire que leurs habitudes de consommation sont scrutées à la loupe par les marketeurs de ce monde et l’industrie de l’alimentation n’y fait pas exception. Comparativement à tous les autres groupes d’âge, les milléniaux sont ceux qui mangent le plus grand nombre de repas au restaurant. Pas étonnant de voir émerger encore plus de services de livraison, d’applications mobiles pour commander et d’options de repas rapides, mais santé.

La force des collations
D’ailleurs, les milléniaux sont de plus en plus préoccupés par l’achat de collations qui sont intéressantes du point de vue nutritionnel, notamment pour leurs enfants. On verra donc débarquer sur le marché un nombre accru de produits étiquetés « biologiques », « faits d’ingrédients naturels »,
« exempts d’OGM », etc. Aussi, on constate que la collation s’impose comme une façon de s’alimenter, en la multipliant au cours de la journée et en évitant les repas plus copieux. Les options à base de plantes envahissent littéralement le marché, on consommera donc davantage de fruits et légumes, mais aussi d’algues, comme le dulse, le wakamé et le varech, qu’on peut apprécier séché également.

Superhéros de la cuisine de demain
Bien qu’il soit difficile d’identifier quels aliments seront considérés comme des « superaliments », la tendance nous permet d’en identifier quelques uns qui feront assurément jaser en 2019. Ainsi, gardez sur votre radar le lucuma, un fruit péruvien ressemblant à un avocat orange et au goût de caramel, le millet, que vous connaissez déjà et le gac, un fruit vietnamien riche en caroténoïde, un puissant antioxydant. Au niveau des arômes, on ne pourra plus se passer de la saveur de l’espresso ou du latte (n’est-ce pas déjà le cas ?), qu’on retrouvera parfois là où on ne s’y attend pas.

Ras le bol, ou non !
Finalement, le superhéros des familles pressées sera le bol, dont la réputation n’est plus à faire, mais qui se retrouve maintenant sur les tablettes des épiceries. Bols poké, buddha, smoothie, peu importe la variante, on aime leur format individuel qui permet également un contrôle des portions et qui regorge d’aliments frais.

Bol

Ce qui semble ressortir clairement de ces tendances, c’est la conscientisation qui les accompagne. On cherche maintenant à s’alimenter de façon responsable, en considérant l’aliment sous toutes ses facettes afin d’en récolter des bénéfices pour soi, mais également pour la société. L’alimentation est loin de n’être qu’un simple besoin, c’est une expérience et celle-ci doit maintenant être constamment améliorée pour être considérée comme réussie

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