LE must

Quand l’idée de manger santé devient un stress

Photo: Ariel Tarr

Aujourd’hui, « manger santé » ne semble plus être une simple « tendance », mais une « norme » sociale. L’idée de bien manger, ou encore de mal manger, influence nos choix alimentaires quotidiens. Découvrez le phénomène du « Syndrome de stress alimentaire » ! | Par Catherine Legault

La santé publique est aujourd’hui orientée vers une alimentation saine et équilibrée. Alors qu’on ne cesse de réprimer la malbouffe et l’obésité, nous sommes de plus en plus conscientisés à l’importance de maintenir un bon état de santé. Selon François Houde, président de la firme VARIUM, manger santé est devenu la règle. Ce dernier a mené une étude auprès de 300 adultes montréalais qui portait sur les changements des habitudes alimentaires reliées à l’Indice de stress alimentaire (ISA). Durant la période du sondage, soit de 2004 à 2012, 94,5 % de la population a changé au moins une habitude afin de bien manger.

94,5 % de la population a changé au moins une habitude afin de bien manger. Ce coup de sonde a permis de mesurer le comportement alimentaire de la population selon les risques (gras trans, sel, sucre, etc.) et les bénéfices (oméga-3, calcium, vitamine C, etc.) associés aux aliments.

 Maximiser les bénéfices, minimiser les risques

Les participants ont d’abord répondu à dix questions reliées aux bénéfices des aliments. Cette observation de l’Indice de stress alimentaire lié aux bénéfices (ISAB) révèle que 9 personnes sur 10 motivent leurs choix alimentaires en fonction de l’effet bénéfique des aliments, c’est-à-dire la quantité de nutriments qu’ils contiennent ou encore l’absence de gras ou de sucre par exemple. C’est pourquoi il est important de bien lire les étiquettes des produits que l’on choisit en épicerie !

Depuis 2006, les produits réduits ou sans gras et contenant des probiotiques n’auront jamais eu autant la cote auprès des consommateurs. Selon les conclusions fournies par l’étude, il semble également que bien manger soit un comportement davantage répandu « chez les femmes, les universitaires et au sein des ménages jouissant de meilleurs revenus ».

Étrangement, l’Indice de stress alimentaire lié aux risques (ISAR) se révèle très faible. Les répondants ont seulement changé 3,16 habitudes alimentaires en fonction des 10 allégations associées à l’ISAR. Ainsi, les risques reliés, par exemple, aux bactéries, aux pesticides ou aux organismes génétiquement modifiés (OGM) ne semblent pas inciter les consommateurs à changer leurs habitudes alimentaires.

Il ressort toutefois de l’ISAR deux enjeux ayant connu une augmentation statistiquement significative durant la période du sondage : les participants modifient leurs habitudes alimentaires si le produit comprend une trop forte teneur en sel ou une trop grande quantité de sucre.

 Trouver le juste équilibre

Pour répondre aux demandes « santé » des consommateurs, les entreprises agroalimentaires doivent aussi suivre la norme. C’est pourquoi des programmes comme DUX ont toutes les raisons d’exister; il faut récompenser les leaders et les initiatives de l’industrie en matière de saine alimentation. D’ailleurs, de plus en plus de diététistes, de nutritionnistes et d’autres professionnels de la santé prennent part au processus de création des produits offerts sur le marché.

 « Les résultats de cette étude établissent clairement que les fabricants de produits alimentaires, ainsi que les détaillants (épiceries, restaurants…), font face à l’obligation commerciale de tenir compte de la santé lors de la création de nouveaux produits. Ces derniers ne peuvent plus proposer de nouveaux aliments sans en minimiser les risques et sans envisager d’en maximiser les bénéfices potentiels pour la santé », confirme François Houde, expert en marketing social et fondateur de VARIUM.

Une alimentation équilibrée passe ainsi par votre volonté à adopter de saines habitudes et par les efforts des entreprises pour vous offrir des produits « santé ».

Prêtez-vous au jeu

Répondez aux 20 questions du tableau ci-dessous et voyez à quel point l’idée de bien manger influence vos choix !

 

COMPOSANTES ISAB

Ainsi, vous est-il déjà arrivé d’acheter ou de manger un produit alimentaire…

 

COMPOSANTES ISAR

Ainsi, vous est-il déjà arrivé de ne pas acheter ou de ne pas manger un produit alimentaire…

a) … parce qu’il contenait des oméga-3?a) Le bœuf ou le veau par crainte de la maladie de la vache folle?
b) … parce qu’il contenait des fibres alimentaires?b) Le poulet par crainte de la grippe aviaire?
c) … parce qu’il était biologique?c) Le poisson par crainte des pesticides ou des métaux lourds qu’il pourrait contenir?
d) … parce qu’il contenait du calcium?d) Les fruits ou les légumes par crainte des pesticides qu’ils pourraient contenir?
e) … parce qu’il était réduit ou sans gras?e) Les produits alimentaires par crainte des gras hydrogénés ou gras trans qu’ils pourraient contenir?
f) … parce qu’il contenait des probiotiques?f) Les produits alimentaires pour leur trop grande teneur en sucre?
g) … parce qu’il contenait de la vitamine C?g) Les produits alimentaires pour leur trop grande teneur en sel?
h) … parce qu’il était réduit en sucre ou sans sucre ajouté?h) Les produits alimentaires pour leur trop grande teneur en cholestérol?
i) … parce qu’il contenait des antioxydants?i) La viande par crainte des antibiotiques ou des hormones qu’elle pourrait contenir?
j) … parce qu’il contenait du potassium?j) Les produits alimentaires pour les OGM (organismes génétiquement modifiés) qu’ils pourraient contenir?

Source : VARIUM, Marketing Stratégie Communication