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Réchauffement climatique : l’agriculture en mode adaptation

Avec nos longs mois d’hiver québécois, on en vient parfois à oublier le réchauffement de la planète ! Pourtant, le changement dans les conditions climatiques se fait bel et bien sentir au Québec et des effets sur notre agriculture ont déjà été remarqués. 

Fait surprenant, les impacts ne sont cependant pas que négatifs. On ne peut pas s’attendre à avoir des ananas au Québec, mais…| par Annie Turcotte

L’augmentation de la température en été et l’allongement de la saison de croissance des cultures pourraient prochainement modifier le visage de l’agriculture dans l’ensemble du Québec, et ce, particulièrement dans le nord de la province, où les changements climatiques seront plus importants. Or, qui dit changement, dit répercussions… et adaptation ! Entre autres, le milieu de l’agriculture devra faire face aux changements de précipitations, à la hausse de la concentration de CO2, aux cycles gel-dégel en hiver et à la réduction de la couverture neigeuse.

De nouveaux légumes québécois


Changements climatiquesAvec le réchauffement de la planète, depuis les années 1970, le Québec a fait un gain énorme en degrés-jours. Nos hivers semblent plus longs et pénibles, mais, selon les données de L’Union des producteurs agricoles (UPA), le Québec a gagné l’équivalent de 20 journées supplémentaires de croissance pour les plantes. Certains agriculteurs s’en réjouissent puisque non seulement cela leur permet de faire davantage de récoltes, mais ceux-ci peuvent même entrevoir la possibilité de cultiver de nouvelles espèces. D’après Marcel Groleau, président général de l’UPA, ce réchauffement explique d’ailleurs que certains territoires agricoles du Québec, dont l’Abitibi-Témiscamingue, peuvent maintenant envisager des cultures qui étaient jadis impensables, dont celle du soya. En outre, la production d’arbres fruitiers devrait elle aussi, éventuellement, pouvoir s’étendre plus au Nord. Manger québécois et local sera plus facile et plus varié ! Autre fait remarquable : depuis 2013, une exploitation agricole près de Trois-Rivières expérimente la culture de l’amarante et de l’aubergine, des cultures pourtant dites « tropicales ». Et ce n’est que le début de cette transformation du milieu rural puisque, selon les prévisions des experts, on devrait gagner 20 jours de croissance supplémentaires d’ici 2050. Qui sait quels nouveaux plants feront leur apparition au Québec d’ici ce temps-là ?

Un danger pour certains


Changements climatiquesEn revanche, il ne faut pas se réjouir trop vite. En contrepartie, le réchauffement climatique est aussi responsable de plus faibles précipitations. On peut ainsi s’attendre à des périodes de sécheresse qui ont bien sûr des impacts, entre autres, sur la production de céréales. D’un autre côté, les températures plus douces prévues pour les périodes futures pourraient également causer une augmentation importante des pluies hivernales. Celles-ci occasionnent la formation de couches de glace en surface qui peuvent endommager les racines des différentes cultures. En outre, la glace provoque aussi une plus grande pénétration du gel, tout aussi défavorable pour certaines plantes. Par ailleurs, en lien avec la hausse des températures, certains écologistes craignent l’arrivée de maladies, de nouveaux insectes et de plantes envahissantes qui rendront la vie dure aux récoltes.

Quel impact dans l’assiette ?
Il règne une certaine incertitude dans l’estimation des enjeux économiques liés aux changements climatiques en agriculture. Par exemple, une sécheresse entraînera des coûts de production plus élevés et peut-être des pertes de récoltes. D’un autre côté, les avantages pour les agriculteurs sont nombreux : de nouvelles cultures et des occasions d’innover, des périodes de croissance plus longues et donc plus rentables. Du reste, les producteurs québécois n’en sont pas à leur premier défi et auront le temps de s’adapter. En attendant, savourons donc ces quelques degrés supplémentaires en été, en rêvant déjà de ce verre de boisson de soya et de ce baba ghanouj québécois à 100%!

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