LE must

L’univers de la cuisine thaïe avec Lily Sirikittikul

Victoire! voilà ce que veut dire chuchai en thaïlandais. La victoire de l’harmonie entre le corps et l’environnement qui le nourrit, c’est assurément la victoire ultime que vise Lyli Sirikittikul, la chef du restaurant végétarien Chuchai et du bistro Chuch. |Par Marie-Josée Morin

C’est pendant l’été 1989 que Lyli découvre Montréal en visitant son frère, le propriétaire du restaurant Chao Phraya. Après de nombreux allers-retours, elle s’installe au Québec pour de bon en 1992. C’est plus tard qu’elle devient végétarienne, principalement pour l’incidence que cette alimentation peut avoir sur la santé. «Ma décision s’est prise le jour où j’ai eu un fils, en 1994. Gabriel a eu des difficultés respiratoires à la naissance. Après 48 heures sous oxygène, tout est redevenu normal et dans mon cœur j’ai souhaité que tout se passe bien pour le reste de notre vie. J’avais déjà pour modèle ma mère qui est végétarienne depuis longtemps puisque nous sommes bouddhistes. »

En 1996, Lyli part six mois pour Hong Kong, Taïwan et Singapour afin de rencontrer des cuisiniers dans les temples bouddhistes. Là-bas, elle apprend comment utiliser la protéine de soya et le seitan et comment travailler les textures. Le résultat est étonnant : le menu est composé, entre autres, de poulet, de canard, de bœuf, de crevettes en format végétarien, mais dont le goût et la texture sont si près des protéines animales qu’ils passent facilement pour ces dernières.

Le Chuchai ouvre ses portes dans le même local que le Chao Phraya en avril 1997. Il faut se rappeler qu’à l’époque l’alimentation végétarienne n’était pas très populaire. Le but avec le Chuchai était d’offrir aux non-végétariens une expérience positive, de créer une ouverture dans leur esprit avec des protéines végétales qui ressemblent à s’y méprendre à de la viande. En 2000, le succès est au rendez-vous et le local voisin sur la rue Saint-Denis est prêt à accueillir le Chuch, le petit frère du Chuchai, juste à côté. Une formule qui se veut similaire, mais express. Cette année, le bistro Chuch introduit des plats sous forme de tapas, des hamburgers et la fameuse poutine avec sauce aux arachides et curry rouge. D’autres petits plaisirs pour amadouer les carnivores! Comme toujours, Lyli Sirikittikul privilégie l’authenticité et c’est avec l’eau à la bouche que nous attendrons ses prochaines créations.

 

Dans la cuisine – Les 10 musts de Lily

1) Appareil électroménager

Mon déshydrateur

2) Resto (autre que le Chuchai) : Very Graceful Restaurant, à Toronto.

À Montréal : Crudessence, Aux Vivres, La panthère verte

 3) Ingrédient

Le piment fort

4) Recette

Le Pad see ew, des nouilles frites au soya

 5) Truc santé

Le jus d’herbe de blé et les jus et smoothies verts

6) Boisson ou breuvage

Un bon verre de vin rouge!

7) Péché mignon

Des Cheetos ou « croques au fromage » avec un verre de vin rouge!

8) Sur une île déserte…

Des jeunes noix de coco pour me désaltérer de l’eau de coco et déguster leur chair.

9) Valeur à perpétuer

« Ma mère me disait toujours de cuisiner avec mon cœur. « Quand on cuisine pour les autres, il faut s’assurer que c’est excellent. C’est la meilleure façon pour le cuisinier de démontrer à ses invités à quel point il les apprécie. »

10) Livre de recettes

Raw Food/Real world, par Matthew Kenney et Sarma Melngailis.

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