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Le temps des Fêtes…à bout de souffle!

À bout de souffle

Les fêtes de fin d’année prennent parfois l’allure d’un marathon tant les obligations se multiplient. Entre les cadeaux à acheter, les plats à préparer, le ménage à faire et les nombreuses visites qui s’imposent, il est souvent difficile d’éviter les abus et de s’accorder le repos nécessaire. Voici des explications et quelques conseils pour alléger cette période d’effervescence. | Par Marie-Josée Roy

Julie Saint-Laurent et son conjoint ont trouvé une solution en or pour recharger leurs batteries avant les fêtes. À la mi-décembre, ils s’offrent un week-end en famille dans un hôtel de Québec. «Ça nous permet de nous retrouver et de décompresser avant d’entamer les festivités», explique cette mère de trois enfants. Malheureusement, de nombreux travailleurs n’ont pas ce luxe. Ils ne disposent que de quelques jours de congé durant le temps des fêtes, et peinent à en profiter pleinement.

ChampagneRéveillon sous pression
Fêter Noël en grand est une tradition au Québec, mais on oublie parfois que le quotidien de nos ancêtres était fort différent du nôtre. « À l’époque, non seulement les femmes ne travaillaient pas, mais les membres d’une même famille habitaient souvent plus près les uns des autres », mentionne Micheline Mongrain-Dontigny, chef, historienne de la gastronomie québécoise et auteure du livre Les grands classiques d’ici. De nos jours, plusieurs familles sont éclatées à travers la province, ce qui implique souvent pour les enfants de longs déplacements et pour les parents hôtes, qui reçoivent alors pour plusieurs jours, de passer quelques heures aux fourneaux. « Autrefois, les gens se recevaient à tour de rôle, alors les femmes n’avaient souvent qu’un gros repas à préparer », explique Mme Mongrain-Dontigny.

Surenchère de cadeaux
Non seulement les cordons-bleus de l’époque pouvaient compter sur l’aide de nombreux enfants pour préparer les victuailles, mais la pression relative aux cadeaux était loin d’être la même. Aujourd’hui, la période des fêtes requiert fréquemment de longs déplacements précédés d’un magasinage frénétique pour faire plaisir à chacun. « De nos jours, il y a une pression supplémentaire liée aux cadeaux. Les enfants n’hésitent pas à comparer les présents qu’ils ont reçus à Noël », affirme Julie Saint-Laurent. Les enfants entrent dans une compétition, (retour du syndrome du voisin gonflable !) dans laquelle les parents s’enlisent également. L’obligation de dénicher des cadeaux originaux, de mitonner des petits plats et de garder la maison en ordre peut rapidement transformer les festivités… en corvée.

De nos jours, il y a une pression supplémentaire liée aux cadeaux. Les enfants n’hésitent pas à comparer les présents qu’ils ont reçus à Noël

 

Une affaire de famille
La période des fêtes est souvent signe de retrouvailles avec différents membres de notre famille. Le stress, le manque de sommeil et l’abus d’alcool peuvent contribuer à nous rendre sensibles et irritables, d’où l’importance de ménager les susceptibilités. « Les attentes très élevées propres à la période des fêtes, qu’elles soient liées à la cuisine, aux cadeaux ou aux relations familiales, peuvent provoquer de l’anxiété et même une dépression », affirme le Dr. Occhiogrosso. Mieux vaut donc se montrer indulgent, éviter d’aborder des sujets sensibles et s’abstenir de ressasser de vieilles querelles lors des réunions de famille. « C’est toujours compliqué de faire coïncider les horaires de tout le monde pour organiser les festivités, alors il faut savoir mettre de l’eau dans son vin », affirme Julie Saint-Laurent, qui conseille d’éviter les éventuels conflits en s’assurant de maintenir une atmosphère conviviale. «On peut servir un verre de punch lors de l’arrivée des invités pour détendre l’atmosphère et organiser des jeux pendant la soirée. »

Noël

Simplicité volontaire
Réunions familiales, partys de bureau, 5 à 7 entre amis : les abus qui caractérisent les fêtes de fin d’année sont souvent provoqués par la multiplication des activités sociales. Il est parfois difficile de résister au buffet bien garni ou à la tentation d’un énième verre de vin. En plus, plusieurs personnes souffrent aujourd’hui de FOMO, acronyme de l’anglais pour Fear of missing out. Amplifiée par la technologie qui permet aux gens de constamment comparer leur profil aux autres, il s’agit de la peur de manquer un événement important, de ne pas être au bon endroit au bon moment. Mallay Occhiogrosso et Eric Marcus, qui oeuvrent en tant que psychiatres au Presbyterian Hospital de New York, conseillent au contraire de se simplifier la vie à l’approche du temps des Fêtes en apprenant à dire non. « Priorisez les choses qui comptent le plus aux yeux de votre famille. Il est impossible de tout faire, alors misez sur ce que vous pouvez accomplir et chérissez ce moment », ont écrit les deux médecins dans un article publié sur le site du centre médical Weill Cornell. Simplifier le menu du réveillon ou décliner une invitation est parfois la meilleure façon de s’octroyer un repos bien mérité.

Les attentes très élevées propres à la période des fêtes, qu’elles soient liées à la cuisine, aux cadeaux ou aux relations familiales, peuvent provoquer de l’anxiété et même une dépression

Revenir à l’essentiel
Entre métro, boulot et cadeaux, il est facile de perdre de vue la raison d’être des fêtes de fin d’année. « Prenez du temps pour réfléchir à ce que cette période signifie vraiment pour vous et votre famille », conseillent Mallay Occhiogrosso et Eric Marcus. Micheline Mongrain-Dontigny, pour sa part, rappelle l’importance de savoir décrocher. « Malheureusement, les tablettes et les téléphones intelligents nuisent parfois aux liens familiaux, car certains ont du mal à les laisser de côté », observe-t-elle. De nos jours, maîtriser l’art du lâcher-prise est un incontournable pour qui désire savourer pleinement cette période de réjouissances.

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