LE must

À la découverte du raisin du Québec

Rouges, verts, bleus, sans ou avec pépins, les raisins du Québec sont diversifiés au bonheur de nos papilles ! Découvrons-en un peu plus sur cette grappe de fruits qui pousse sur nos terres.

En raison de la forte popularité de fruits tels la pomme, le bleuet et la fraise, on oublie souvent que le Québec possède de riches terres viticoles et que celles-ci produisent des raisins aussi beaux que délicieux.

« Nordique, aromatique et magique ! » C’est avec ses trois mots simples qu’Étienne Gosselin, agronome et viticulteur à la ferme 45e parallèle, définit avec raison les raisins de table du Québec.

Nordique, bien sûr pour exprimer que ces raisins sont cultivés fièrement et ici. Aromatique pour exprimer leur mélange de saveurs surprenant. « Ces raisins peuvent goûter la fraise, l’ananas ou même la prune », fait-il savoir. Magique, en référence à l’expérience sensorielle de ceux qui le dégustent, mais aussi leur étonnement, voire leur enchantement.

Un marché en croissance

Caroline Fontaine, pépiniériste de plants de raisin chez Vignes Chez Soi, souligne que le marché des raisins est en émergence au Québec. À ses débuts, il y a 10 ans, la pépinière ne produisait que 5 000 plants. Aujourd’hui, Vigne Chez Soi en produit plus de 100 000. Cette croissance reflète à la fois le travail acharné de Madame Fontaine et de son équipe, mais aussi la créativité dont on a usé pour propulser ce produit encore méconnu.

À cet effet, elle souligne qu’à chaque année, les pépiniéristes s’assurent désormais de faire goûter leurs produits dans les marchés publics afin de faire connaître les raisins d’ici.

De plus, Vigne Chez Soi propose un ensemble de plants renfermant trois sortes de raisins : Le Somerset, le Trollhaugen et le Brianna. Disponible dans plus de 100 points de vente, ce trio devient une belle façon de promouvoir les raisins de table québécois et de les rendre accessibles tout au long de l’année.

De la production aux activités d’auto récolte

Quant à Nathalie Guerra, entrepreneure et agronome, elle a récemment converti son verger des Laurentides de pommier en vigne. « Je suis une personne curieuse de nature. La production du raisin est très technique, me met au défi et me permet d’apprendre beaucoup. C’est aussi une production en émergence. Toutefois, ma décision, je l’ai d’abord prise parce que je suis une personne gourmande et le potentiel de découverte pour les saveurs est vraiment intéressant », indique-t-elle en ajoutant que son expérience lui a permis de découvrir la diversification et la richesse des saveurs des raisins du Québec.

Si l’entièreté de sa récolte va aux kiosques locaux et aux restaurateurs, Nathalie Guerra compte développer son activité afin d’atteindre un nouvel objectif : offrir des activités d’auto-récolte.

Avez-vous un pépin ?

Avaler ou pas le pépin, voilà l’éternelle question que se posent ceux et celles qui consomment le raisin.

Pour Vital Ouellet, propriétaire de Raison Biovital, le choix revient au consommateur, mais il conseille toujours de l’avaler. « Les gens l’ignorent, mais le pépin de raisin est plus nutritif que le raisin lui-même puisqu’il est riche en antioxydants et en vitamines. »

Toujours selon lui, il serait recommandé de bien le mâcher afin de profiter de tous ses bons nutriments. Celui-ci ajoute d’ailleurs qu’il n’existe aucun raisin sans pépin. « Les pépins sont là, mais sont juste trop minuscules pour qu’on les remarque. »

Les raisins ou l’art de cultiver la patience

Selon les experts, l’art de la viticulture doit s’accompagner de patience et de savoir-faire. « Les vignes vont produire du raisin à partir de la troisième année », fait savoir Étienne Gosselin qui rappelle que cette culture comporte son lot de difficultés.

David Marsot de la ferme les Vains Hectares et Marthe Boulianne de L’Olivette confirment ces dires en expliquant que la culture des raisins peut être très difficile dans un environnement très froid ou pendant les changements extrêmes de température et que les animaux tels les renards ou les mouffettes ne les aident pas non plus dans leur entreprise.

Bref, chaque raisin cultivé au Québec porte en lui l’histoire de viticulteurs passionnés qui réussissent à nous offrir un produit local unique aux saveurs uniques. Il ne faudrait pas s’en priver.

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